Topographie (2002)

Le 7 juin 1802 Friedrich Hölderlin quitte Strasbourg et entre en Allemagne par le pont de Kehl. Il est parti presque un mois auparavant de Bordeaux, où il était précepteur chez le consul Meyer. Quatre jours plus tard, d’après Pierre Bertaux (Hölderlin ou le temps d’un poète, Paris 1983, pp. 244-255), il est à Francfort et a le temps de voir une dernière fois sa bien-aimée, Suzette Gontard, avant qu’elle ne meurt, le 22 juin. A ce moment-là il était déjà complètement fou, presque fou, fou à moitié; sur ce point ses exégètes se disputent encore. Ce qui est sûr, c’est que ce voyage à travers la France marque un tournant dans l’état mental du poète allemand. En témoigne la célèbre lettre à son ami Böhlendorf du 2 décembre 1802, considérée à tour de rôle comme la première de sa folie ou la dernière de sa santé. C’est là où Hölderlin prend les paysans bordelais pour d’anciens Grecs: «La vue des Antiques m’a fait mieux comprendre non seulement les Grecs, mais plus généralement les sommets de l’art…». C’est à cette superposition d’une vision et d’une réalité que fait allusion ce travail, Topographie, dont le titre se lit de la même manière en français et en allemand; il y est question de méandres mentaux – voir les micro-photographies de l’intérieur du cerveau – et de paysages parcourus, interprétables – voir les macro-photographies de la terre vue du ciel. Il relate, à travers la transparence colorée du verre, d’espaces traversés, qu’ils soient physiques ou mentaux.

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