From Cythera series C (2018-2019)

Six woodcuts from the Hypnerotomachia Poliphili (Venice, 1499) are superimposed on photographs of actual places. Although these places are situated in a classical archaeological universe, they cannot be found on the Greek island of Cythera. Instead, they constitute my own  Cythera.
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Spuglia FCC 01
FCC 01. The Ruins of Polyandrion.

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Spuglia FCC 02
FCC 02. The Triumph of Semele.

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Spuglia FCC 03
FCC 03. The Bath of Venus.

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Spuglia FCC 04
FCC 04. The Garden of Cythera.

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Spuglia FCC 05
FCC 05. The Encounter with the Wolf.

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Spuglia FCC 06
FCC 06. The Three Doors of queen Telosia.

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         Comme maints auteurs avant moi, je n’ai jamais mis les pieds dans l’île de Cythère, qui reste éminemment un lieu de l’imaginaire.

            Gérard de Nerval, qui a restitué à l’île grecque un statut de lieu réel, la décrit dans ses Voyages en Orient avec une précision due simplement au plagiat d’autres récits de voyage (Castellan, Stéphanopoli). Et la célèbre image du gibet à trois branches sur le rocher, reprise de manière si réaliste par Charles Baudelaire, est probablement une pure invention littéraire.

            J’ai à mon tour repris certaines gravures de la Hypnerotomachia Poliphili (Venise 1499), connue en français comme Le songe de Poliphile, que Nerval a utilisé comme un guide. L’essentiel de l’histoire de Poliphile et de son amoureuse Polia se passe dans Cythère, l’île de Aphrodite. Les images sont indispensables à la compréhension du texte et en sont presque le prétexte. Il s’agît de xylographies d’auteur anonyme, de milieu vénitien. Elles ont eu une énorme influence dans les siècles successifs et notamment au XVIIIe, auprès d’architectes, peintres, concepteurs de jardins.

            En reprenant à mon compte ces planches j’ai d’abord songé à me rendre sur les lieux, en un défi posthume à Nerval. Finalement, je me suis décidé à commettre un faux historique.

            Les xylographies de l’Hypnerotomachia sont superposées à des photographies de lieux réels, qu’elles sont censées décrire. Mais ces lieux, tout en se situant dans l’univers archéologique classique, ne se trouvent pas sur l’île grecque de Kythira. Ils sont ma propre Cythère.

            Il se trouve que j’habite une ville de l’ancienne Provence romaine, et que pas loin de chez moi se trouvent des jardins bâtis au XVIIIe siècle autour d’une source sacrée et de bâtiments rituels païens.

            C’est là où, en quinze minutes et dans 200 mètres carrés, j’ai repéré et photographié mes avatars du songe de Poliphile.

              (Mars 2019)

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From Cythera C suite

Les photographies de la série From Cythera C ont été prises aux Jardins de la Fontaine de Nîmes, le lieu le plus emblématique de la ville.

C’est là que se trouve la source sacrée dédiée au dieu Nemoz par les premiers habitants de la ville, les Ligures et les Celtes ; c’est là que les Romains ont construit un sanctuaire, un amphithéâtre et un nymphée.

On y trouve à la fois des ruines antiques, des reconstitutions datant du siècle des Lumières, des aménagements du XIXe siècle et des lieux de sociabilité publique.

Dans le Songe de Poliphile de Francesco Colonna (publié par Aldo Manuzio à Venise en 1499), le protagoniste erre dans un jardin, sur l’île de Cythère, parsemé de vestiges archéologiques et de références à l’Antiquité, jusqu’à parvenir au sanctuaire d’Aphrodite, dont la représentation m’a immédiatement fait penser au nymphée de Nîmes.

J’ai donc photographié tous les éléments du site, des rochers pittoresques du XIXe siècle au soi-disant Temple de Diane, en passant par les murs du XVIIIe siècle qui canalisent, au grand dam de Stendhal (Mémoires d’un touriste, 1837), les eaux souterraines de la source karstique.

J’ai ensuite superposé à mes photographies en noir et blanc les reproductions de certaines gravures tirées du Poliphile, que j’ai imprimées en rouge sur verre.

Il en résulte cinq œuvres de petit format (37 x 30 ou 30 x 30 cm), encadrées en plomb, que j’ai également reproduites sous forme d’estampes en édition limitée.

(Novembre 2026).
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